LA FAMILLE AVEYRONNAISE

 La famille Flottes est originaire du sud de l’Aveyron, un petit village appelé Le Piboul, qui, en patois, signifie « le peuplier ». À Paris, les grandes dynasties de brasseurs ont quitté le plateau de l’Aubrac, au nord de la région, peu viennent du sud. « Nous étions à peine trois ou quatre du canton », certifie Gilbert Flottes. Au fil des années, Gilbert a fait monter ses sœurs à Paris. D’abord Monique qui se prédestinait à la coiffure, mais qui, en raison d’une allergie s’est redirigée vers la restauration, puis Jacqueline, venue travailler chez Valette avec Huguette Flottes avant de retourner en Aveyron où elle est désormais mariée à Roland Malgouyres. Enfin, Françoise qui a gardé Nathalie et Olivier, tout en prenant des cours du soir pour devenir sténo-dactylo. Quant aux frères de Gilbert, ils sont restés au pays. Gabriel, dit Gaby, vit avec sa femme Maryvonne et leurs trois enfants Pierre, Philippe et Valérie dans la demeure familiale, au Piboul. La maison date du début du XIXème siècle et le premier Flottes a l’avoir habité, Philippe, est arrivé en 1898. Une jolie petite chaumière maintenant recouverte de crépi, avec un jardin dans lequel courent des chiens.

 De nos jours, le nom de Flottes demeure toujours présent sur le territoire aveyronnais. Dans le bourg une demi-douzaine de familles vit toujours. Avec le succès de la brasserie, Gilbert a le sentiment d’avoir pris une sorte de revanche sur sa « vie d’avant ». Grâce à son travail, sa persévérance, son ambition, il a vu ses enfants faire carrière, prospérer, et le petit café est devenu une vaste entreprise très dynamique. Certains Aveyronnais se sont rendus jusqu’en Argentine pour fonder la ville de Pigüé, partis pour subsister. Huguette et Gilbert Flottes, ainsi que leurs familles, sont venus à Paris et ont travaillé d’arrache-pied pour faire de la cuisine de brasserie une référence. À l’heure actuelle, les ambassadeurs du bien-vivre aveyronnais s’inspirent de recettes ancestrales, le fameux aligot, les pascadous de Maryvonne, la fouace de Jacqueline, les tomates farcies, la célèbre saucisse au couteau ou encore de superbes soupes, qu’on trouve encore si vivaces dans nos campagnes. Et parce que ces trésors méritent d’être préservés, nous devons apprendre à les moderniser afin qu’ils survivent. Ce mélange de tradition et de nouveauté, se retrouve aujourd’hui dans les assiettes de chez Flottes.

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